État civil
Né Hipolite Ernest Auguste le 25/04/1839 à Boulogne-sur-Mer (62) de Mary Taylor, 33 ans sans profession et de père inconnu
Décédé le 17/01/1908 à Villeneuve-la-Guyard (89) à 69 ans
Carrière
1867 : Secrétaire suppléant des commissariats de Paris
1872 : Commissaire de police des communes de la Seine
Décembre 1885 : Chef du service de Sûreté de la préfecture de police – démission
Novembre 1887 : ministère public près le tribunal de simple police de Paris
20/07/1892 : Chevalier de la légion d’honneur
1901 : Contrôleur général de la préfecture de police
28/02/1902 : Officier de la légion d’honneur
30/04/1902 : admis à la retraite
Son dossier aux Archives nationales (base Léonore)
Sa notice biographique sur la Société Française d’Histoire de la Police
À retrouver dans l’épisode :




Anecdotes
- Il est impliqué dans l’affaire du portefeuille (ou porte cartes) en peau humaine (en peau de Pranzini…) que l’inspecteur Rossignol a fait faire pour lui. D’où l’illustration satirique ci-dessus.
- Un portrait d’Ernest Taylor paru dans La Lanterne du 05/12/1885 :
Le nouveau chef de la sûreté, dont nous avons annoncé, hier, la nomination, est âgé de quarante-six ans. M. Taylor n’est pas d’un aspect agréable : de taille moyenne, maigre, le visage osseux, le front haut, les yeux vifs, les cheveux et la moustache noirs, il a l’air dur, presque méchant.
On prétend qu’il s’est fait cette tête, si on peut employer cette expression, pour marquer son équité ; devant lui, magistrat, tous les hommes sont égaux, et il traite avec la même rudesse, pour ne pas dire autrement, le filou pris en flagrant délit et le plaignant dépouillé par le filou.
M. Taylor ne laisse pas de regrets dans le quartier de la Chaussée-d’Antin où il n’a pas su se créer de sympathies. On lui reproche ses allures cassantes, un peu soldatesques ; il semblait avoir, pour ses administrés, le dédain légendaire du militaire pour le pékin.
Il faut espérer que M. Taylor saura arrondir ses angles, car il est indispensable qu’un chef de la sûreté, en relation constante avec le public, chargé souvent de délicates missions, soit d’un abord facile et de moeurs polies.
Un de nos confrères, a accusé le successeur de M. Kuehn d’être bonapartiste ; nous ne savons pas ce qu’il y a de fondé dans cette assertion, et nous attendrons pour juger M. Taylor de l’avoir vu à l’oeuvre.
- À l’évidence, Le Figaro n’aime pas beaucoup Ernest Taylor…


- Dans ses mémoires, Marie-François Goron qui succéda à Ernest Taylor donne son avis sur la mauvaise image de son prédécesseur :
M. TAYLOR, LE SERVICE DE SÛRETÉ ET LA PRESSE
M. Taylor n’était peut-être pas le chef de la Sûreté idéal ; il eût été sans doute un meilleur juge d’instruction, car il lui manquait cette activité physique, sans laquelle la chasse aux malfaiteurs est impossible, et aussi ce goût du pittoresque, cet instinct artistique, passez-moî le mot, qui fait qu’un homme de police ne vit plus avant d’avoir découvert la solution du problème qu’il doit résoudre. Mais c’était un esprit très précis , ayant une foule de connaissances très utiles, et s’il n’y mettait pas d’emballement, il dirigeait avec sagacité les recherches de ses agents.
La vérité, c’est qu’il avait la guigne.
Il lui était tombé à la fois un si grand nombre de crimes dans le même mois qu’il lui était impossible de les instruire tous avec la même ardeur, et qu’il n’avait pas sous la main des agents capables assez nombreux pour suivre toutes les pistes. […]
La période de malchance était venue avec M. Taylor qui avait un grand défaut, celui d’être un sceptique, et de ne croire à rien, ni aux dénonciations, ni aux lettres anonymes, ni au hasard. Sans doute, il faut avoir pour les lettres anonymes et pour leurs auteurs, le mépris qui leur est dû, et je n’ai jamais reçu une délation de ce genre sans être dégoûté de sa lâcheté ; mais un policier doit avoir pour principe que tout est possible en matière criminelle; il ne doit rien négliger. […]
Taylor était trop rigoriste, trop puritain, pour un métier dont l’unique objectif est l’arrestation des criminels, et dans lequel les audaces sont indispensables.
Et puis, il n’avait même pas eu cette chance qui m’arriva plus tard, quand je ne pouvais mettre la main sur un assassin, la chance de le voir venir tranquillement se constituer prisonnier aux bureaux de la Sûreté !
Je dois aussi très sincèrement déclarer qu’il y avait encore une autre raison pour que les « fours » de M. Taylor, comme on disait alors, acquissent une importance extrême. Très entier dans ses idées, estimant que les renseignements donnés aux journaux peuvent être nuisibles aux affaires criminelles, il refusait systématiquement de recevoir les journalistes. Ceux-ci n’avaient pas tardé à tirer de lui une vengeance dont la portée était indiscutable. Lire l’entièreté de l’article.
- Une brochure (anonyme) parue en 1886 qui minimise le rôle d’Ernest Taylor dans les échecs de la police.
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