Le massacre de Pantin relate un des faits divers les plus connus qu’on appelle aussi l’affaire Troppmann. Nous sommes en septembre 1869, à la fin du Second Empire quand on découvre six cadavres dans la plaine de Pantin : une femme et cinq de ses enfants. Suivront son sixième enfant et suite à de vastes recherches, son mari. Huit cadavres pour un seul homme : Jean-Baptiste Troppmann, 20 ans.
Ce fait divers est célèbre par son horreur bien sûr, mais aussi parce qu’il correspond à l’essor de la presse à sensation. On dit même qu’il en est à l’origine. Il est en effet passionnant de suivre les quotidiens de l’époque qui racontent par le menu les découvertes et les faits et gestes de la police.
C’est ce que fait Christophe Claro dans ce texte, très factuel. Certains passages du livre sont même très directement inspirés de certains quotidiens. Il va chercher aussi du côté de monsieur Claude, le chef de la Sûreté de l’époque qui a écrit ses mémoires… sur lesquelles cependant il ne faut pas trop s’appuyer puisqu’ils sont apocryphes et posthumes. Mais croiser ces deux sources permet évidemment de mieux appréhender l’enquête.
L’auteur n’éclaircit pas le mystère qui plane sur ce massacre, il ne propose pas d’hypothèse. Car déjà à l’époque, on s’interrogeait sur le fait qu’un homme seul puisse tuer six personnes en même temps. Troppmann assura qu’il avait des complices, sans jamais livrer leurs noms.
Comme cela a souvent été fait, l’auteur souligne la concomitance entre le massacre et la fin de l’Empire. Pour moi, le rapprochement n’est pas significatif. On peut toujours gloser sur la décadence impériale mais cela n’est qu’un constat a posteriori qui ne mène pas à grand-chose concernant Troppmann.
En bon écrivain, Claro rappelle que Troppmann a inspiré plusieurs écrivains célèbres, en plus d’avoir alimenté les gazettes. Bref, nul n’échappe à la fascination.
Pour qui connaît l’affaire, on n’apprend pas grand-chose et le talent littéraire de Claro n’est pas à son zénith ici. D’autant moins que cette édition est remplie de coquilles qui ne servent pas le texte.

Le massacre de Pantin
Christophe Claro
Fleuve Noir (Crime Story), 1994
220 pages – épuisé dans cette édition
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