État civil
Né le 16/04/1870 à Argelès-sur-Mer (66) de Félix Frédéric et de Léonie Lemoine
Marié le 04/12/1900 avec Madeleine Desgrosillier
Décédé le 26/11/1934 à Paris à 64 ans
Il a deux frères dans la police en 1934 : Paul Faralicq, inspecteur principal des chemins de fer du P.L.M. et René Faralicq, commissaire divisionnaire
Carrière
Grade universitaire : bachelier es-lettres
Services militaires : 6 ans au 9° cuirassiers
21/10/1897 : Inspecteur de police
01/07/1898 : Secrétaire suppléant
01/08/1899 : Secrétaire à Sceaux et au quartier de Montparnasse
21/07/1903 : Inspecteur principal de gardiens de la paix
24/05/1904 : Officier de paix de la ville de Paris
16/08/1919 : Commissaire divisionnaire
1931 : nommé directeur des services de police de l’Exposition coloniale
01/06/1932 : retraite
Médaille d’Or, de Vermeil et d’Argent de 1ere classe
Officier d’académie
Chevalier du Mérite agricole
Chevalier de la légion d’honneur (05/06/1924)
Officier de la légion d’honneur (29/11/1932)
Son dossier aux Archives nationales (base Léonore)
À retrouver dans l’épisode :
- EP/28 : Au coeur du danger (1909)
Anecdotes
Un challenge d’escrime porte son nom.
Un article d’Ernest Raynaud paru dans le Mercure de France du 15/05/1934 à l’occasion de son livre Trente ans dans les rues de Paris :
« On n’entre jamais dans la police avec enthousiasme », écrit Baudelaire. Et c’est la vérité. On y entre, comme le fit Gaston Faralicq, parce que l’occasion s’en offre, et qu’il faut bien entrer quelque part pour vivre, quand on est sans fortune et que l’on n’a pas d’autres outils en mains que des diplômes universitaires, le plus souvent inutiles. Son rêve était d’être officier. Incorporé au 9e régiment de cuirassiers, il préparait Saumur. Une myopie légère le fit écarter des candidats. Alors, son service militaire terminé, il entra dans l’administration, par la petite porte, comme simple inspecteur de commissariats, en 1897. Mais, reçu le premier à tous ses examens, il ne tarda pas à s’élever, d’échelon en échelon, jusqu’au grade d’officier de paix. C’était, en somme, un peu de son rêve réalisé. N’ayant pu ceindre l’épée d’officier dans l’armée, il allait ceindre l’épée d’officier dans la police municipale. Il retrouvait dans l’uniforme, étincelant de broderie d’argent, la couleur noire de celui de Saumur, objet de ses premiers vœux. Aussi, quelle fut sa joie, le jour où, en 1903, nommé au Xe arrondissement inspecteur principal, c’est-à-dire lieutenant de gardiens de la paix, il lui fut donné de le revêtir pour la première fois ! Date historique et d’une telle importance à ses yeux qu’il n’omet pas de la situer dans son cadre exact et de nous en restituer l’atmosphère. Ce jour-là, dit-il, le soleil distribuait la féerie de ses rayons sur les étalages du marché aux fleurs (place de la République). Tout était au calme. Edmond Rostand venait de prendre place à l’Académie. M. Loubet revenait de la Sainte Russie où l’ordre régnait partout. Pie X était monté sur le trône pontifical, et l’on avait déjà oublié le massacre dans la nuit du 10 au 11 juin, dans leur konak de Belgrade, du roi Alexandre et de la reine Draga, simples amoureux égarés sur les marches d’un trône.
L’officier Faralicq n’en allait pas moins connaître une vie publique fort agitée. Il ne s’en plaint pas, puisqu’il nous dit qu’au plus confortable des repos, il a toujours préféré l’enivrant tumulte des rues avec son imprévu et ses heurts. Bientôt, pourvu des trois galons, il passe du Xe au XIe, puis au IIIe arrondissement. Sa vie municipale, de 1903 à 1919, se trouve ainsi cristallisée, comme il le note lui-même, d’une façon pittoresque et imagée, autour de la statue de la République, sur la place du même nom, forum des agitations populaires, lieu de soudure des trois arrondissements. Et le tumulte des rues ne lui a pas manqué : manifestations anarchistes, nationalistes, syndicalistes, émeutes de grévistes, bagarres autour de la Bourse du travail, « cet antre d’EoIe, recéleur de tempêtes», sans compter tant d’incidents tragiques : la catastrophe du métro à la station des Couronnes, l’assassinat, rue de la Folie-Méricourt, du sous-chef de la Sûreté Blot (où il a joué un rôle héroïque), l’exécution de Liabeuf, place de la Roquette, sans compter, non plus, les services d’ordre en dehors de son arrondissement, sur tous les points de Paris et de banlieue, où ils étaient nécessaires, sa coopération au sauvetage des inondés en 1910, lors du débordement de la Seine, sa coopération à la poursuite des assassins de Jouin, autre sous-chef de la Sûreté, cette bande à Bonnot, dont on ne put venir à bout que par une fusillade. Là-dessus, survient la guerre, la fièvre de la mobilisation, l’envoi des étrangers dans les camps de concentration, les échauffourées, la mise à sac des établissements boches ou supposés tels, l’incendie de la taverne Pschoor, boulevard de Strasbourg, où Faralicq faillit être lapidé par une foule de patriotes en délire, qui se méprenaient sur le sens de son intervention pour arrêter le fléau. Ajoutez à cela, la chasse aux espions, les bombardements ennemis, les alertes incessantes de jour et de nuit, la surexcitation des esprits autour des kiosques à journaux et des communiqués. Il fut même chargé d’une mission périlleuse au front. Il assista à la chute d’un train de blessés dans le fossé de la Marne, près de Lizy-sur-Ourcq. Il fallait relever les cadavres et les survivants. De retour à Paris, il assiste à l’exécution de Mata-Hari. Après le défilé de la Victoire, les émeutes recommencent, suscitées par les grévistes. En 1919, Faralicq, sans renoncer à l’uniforme, est nommé commissaire divisionnaire, chef du VIe district. Ses bureaux étant situés à l’hôtel de ville, il eut à veiller sur nos édiles, à les protéger contre les manifestations hostiles, notamment celle des travailleurs municipaux (mai 1921). La gare de Lyon étant sur son domaine (si étendu qu’il comprenait, avec les IVe et XII » arrondissements, une partie de la banlieue depuis Vincennes jusqu’à Maisons-Alfort), il eut à recevoir, comme il l’avait fait jadis aux gares du Nord et de l’Est, des souverains et des personnages importants de tous les pays. Il a vu s’embarquer, le 23 mai 1920, pour son fatal voyage à Montbrison, où il ne devait pas parvenir, le président Deschanel, et il a été témoin, dans la gare même, de l’attentat contre Vénizelos. Et que de services d’ordre pour les réceptions officielles à l’Hôtel de Ville, où celle de Lindbergh fil époque, et les cérémonies à Notre-Dame! Un incident s’y produisit, aux obsèques de Joffre, qui aurait pu avoir de graves conséquences diplomatiques.
Les nations avaient envoyé d’importants détachements pour rendre les honneurs au grand disparu. Le service d’ordre s’étant trouvé un peu bousculé, on profita d’un espace resté libre auprès des Yougoslaves, pour y placer les Italiens. Les deux groupes se regardèrent d’abord en chiens de faïence, puis en vinrent aux injures et aux coups. Il fallut déplacer les bersagliers, mais, avant de se retirer, chaque soldat italien cracha par terre en signe de mépris.
J’aurais voulu insister sur cette partie anecdotique du livre de Gaston Faralicq, insister sur les portraits qu’il y mêle, campés d’une façon saisissante, ceux notamment du roi et de la reine d’Italie, du roi de Portugal, don Carlos Ier, de Ferdinand de Cobourg, du prince Eitel-Frédéric, de Clemenceau, de Lépine, et même de personnages de second plan, tels que Napoléon Hayard, empereur des camelots, et l’anarchiste Libertad, portraits où l’on retrouve un peu de la verve et du mordant du mémorialiste Saint-Simon; mais, puisqu’il faut me borner, faute de place, je me résigne à n’extraire de ce livre que l’enseignement qu’il comporte au point de vue professionnel.
Lire la suite de l’article.
Écrits
Trente ans dans les rues de Paris (1934)
Publié le
et modifié le
par
Laisser un commentaire