État civil
Né le 09/02/1833 à Ajaccio en Corse de Joseph Antoine et de Marie Constance PIETRI
Marié à Élise DRESSER
Décédé le 1er janvier 1882 à Paris 5e à 48 ans, enterré au cimetière d’Ivry-sur-Seine
Carrière
Selon un article du Figaro du 08/01/1899, Tiburce Poggi est d’abord commissaire à Aubervilliers puis commissaire au quartier du Jardin des Plantes. Je pense qu’il appartenait au corps de la police municipale (pas de la Sûreté).
À son décès le 01/01/1882, il est commissaire retraité.
À retrouver dans l’épisode :
Anecdotes
Un article paru dans l’hebdomadaire Le Droit populaire du 11/06/1881 :
Les malheurs d’un commissaire de police.
Tous les journaux ont parlé, il y a quelque temps, de cet infortuné fonctionnaire, victime d’une de ces déplorables mésaventures qu’il constatait d’ordinaire pour le compte d’autrui. L’histoire est piquante et vaut la peine d’être racontée, d’autant mieux qu’en fin de compte, il résulte des débats qui viennent d’avoir lieu que M. Poggi ne serait pas…. ce qu’il a cru être. Errare humanum est.
Donc, M. Poggi était — car il ne l’est plus — commissaire de police du quartier du Jardin des Plantes. M. Poggi n’est pas précisément ce qu’on est convenu d’appeler un Adonis ; oh non ! M. Poggi a 47 ans, il a le crâne lisse et poli comme un oeuf d’autruche ; sa barbe hirsute lui donne l’air d’un brigand calabrais et il est, par-dessus le marché, affligé d’une claudication bizarre qui fait songer à Vulcain, l’un des… maris trompés les plus célèbres de l’antiquité.
Il paraît que M. Poggi, qui avait remarqué depuis quelque temps les fréquentes absences de sa femme, crut que, grâce à elle, sa ressemblance avec le dieu susnommé ne laissait plus rien à désirer, et qu’il résolut de s’en venger.
Il alla donc trouver un de ses collègues, M. Carlet, et le pria de faire cette constatation du flagrant, délit que lui, Poggi, avait tant de fois faite — et avec quel zèle ! — pour les autres. O ironie des destinées humaines ! M. Carlet se rendit donc dans un immeuble du faubourg Saint-Jacques où l’on avait vu plusieurs fois pénétrer Mme Poggi — et il l’y trouva, en effet, avec un architecte, M. Tréfond. Mais il lui fut impossible de découvrir aucun indice, de nature à prouver la culpabilité de Mme Poggi, et il concluait dans son rapport à peu près en ces termes: «Mme Poggi a loué l’appartement au nom de Mme Carpentier, mais je n’ai rien vu de suspect et M. Tréfond m’a fait l’effet d’un simple visiteur. »
M. Poggi n’en a pas moins traîné devant la police correctionnelle son épouse et M. Tréfond qui ont déclaré que leurs relations avaient toujours été purement amicales. D’ailleurs, Mme Poggi a 42 ans et huit enfants — et, si M. Poggi n’est pas un Apollon du Belvédère — elle est loin d’être une Vénus.
Il y avait donc plus de présomptions qu’il n’en fallait pour convaincre le Tribunal de la parfaite innocence des deux prévenus. Aussi les a-t-il acquittés, à leur grande satisfaction. Mais M. Poggi, qui n’avait pas cessé, pendant les débats, de s’agiter comme un diable dans un bénitier, n’a pas paru partager leurs sentiments. Il était absolument navré.
C’est égal, si M. Poggi n’apportait pas plus d’habileté dans les instructions judiciaires dont il était chargé comme commissaire de police que dans cette campagne qu’il a dirigée comme mari, la préfecture n’a pas tout à fait tort de se priver dorénavant de ses services.
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